AVS

Estimer sa rente AVS

Votre rente AVS repose sur deux éléments : le nombre d’années pendant lesquelles vous avez cotisé et le revenu annuel moyen déterminant retenu sur toute votre carrière.

Rémi BassoDirecteur adjoint et ingénieur patrimonial

12 min de lecturePublié le 3 octobre 2026

Femme à son bureau devant un ordinateur portable

Pour une carrière complète, en 2026, la rente minimale est de 1'260 CHF par mois et la rente maximale est de 2’520 CHF. Chaque année de cotisation manquante la réduit d’environ 2,3 %, et cette réduction vous suit à vie. Le calcul est le même pour un résident suisse et pour un frontalier français : ce qui diffère, c’est le nombre d’années cotisées et la marche à suivre pour les démarches. 

Comment votre rente se calcule-t-elle ?

90’720 CHF

Le revenu moyen au-delà duquel votre rente n’augmente plus

Vous cotisez sur l’intégralité de votre salaire, sans plafond. En revanche, le barème de la rente s’arrête : dès que votre revenu annuel moyen déterminant atteint 90’720 CHF, vous avez atteint la rente maximale. Un revenu moyen de 120'000 CHF ne vous donne pas un franc de rente de plus qu'un revenu moyen de 91'000 CHF.

44 années

Le nombre d’années nécessaires pour une rente complète

Une rente complète suppose d’avoir cotisé pendant toute la durée de cotisation requise pour votre classe d’âge (44 ans pour les hommes ; 43 ans pour certaines femmes selon l’année de naissance), entre 21 ans et l’âge de référence. Vous n’avez toutefois pas besoin d’avoir cotisé pendant 44 ans pour avoir droit à une rente : une seule année entière de cotisation suffit à ouvrir un droit.

2,3 %

La baisse de rente pour chaque année manquante

Chaque année sans cotisation réduit votre rente d’au moins 1/44, soit environ 2,3 %. Deux années manquantes représentent ainsi près de 5 % de rente en moins, chaque mois, jusqu’à la fin de votre retraite.

3 éléments qui influent sur le calcul de votre rente AVS

1. Vos revenus revalorisés

La caisse de compensation additionne d’abord les revenus inscrits sur votre compte individuel jusqu’au 31 décembre précédant l’ouverture de votre droit. Comme certains remontent à des années où les salaires étaient plus faibles, ils sont revalorisés à l'aide d'un facteur qui dépend de votre première inscription au compte individuel et de l'année où votre droit s'ouvre. Pour un départ en 2026, il vaut 1,090 si votre première inscription date de 1977, et 1,000 dès 1986.

La somme revalorisée est ensuite divisée par votre durée de cotisation. Vous obtenez ainsi votre revenu annuel moyen déterminant.

2. Les bonifications pour tâches éducatives

À ce revenu s’ajoutent les bonifications pour tâches éducatives. Vous en recevez une par année civile durant laquelle vous avez élevé au moins un enfant de moins de 16 ans tout en étant assuré. Une seule par année, quel que soit le nombre d'enfants : deux enfants nés à deux ans d'intervalle ouvrent 18 années de bonification, pas 32. En 2026, chaque année de bonification correspond au triple de la rente minimale annuelle, soit 45’360 CHF.

Cette somme est elle aussi répartie sur votre durée de cotisation. Si vous êtes marié, les bonifications sont partagées par moitié avec votre conjoint, comme le sont les revenus réalisés pendant les années de mariage.

3. Votre durée de cotisation

La durée de cotisation joue un rôle différent : elle ne modifie pas votre revenu moyen, mais détermine la part du barème de rente à laquelle vous avez droit.

La caisse compare vos années de cotisation à celles que votre classe d’âge devait accomplir entre 21 ans et l’âge de référence. 35 années cotisées sur 44 donnent ainsi droit à 35/44 du montant prévu par le barème, quel que soit le niveau de votre salaire.

Le barème selon votre revenu moyen

Le barème officiel, appelé « échelle 44 », associe à chaque revenu annuel moyen déterminant un montant de rente mensuelle. Voici quelques repères pour 2026, avec une durée de cotisation complète :

Revenu annuel moyen déterminant

Rente mensuelle complète

15’120 CHF et moins

1’260 CHF

30’240 CHF

1’588 CHF

45’360 CHF

1’915 CHF

60’480 CHF

2’117 CHF

75’600 CHF

2’318 CHF

90’720 CHF et plus

2’520 CHF

Le barème devient progressivement moins généreux à mesure que le revenu augmente. Passer de 15’120 à 30’240 CHF de revenu moyen ajoute 328 CHF de rente, tandis que passer de 45’360 à 90’720 CHF n’en ajoute que 605. Autrement dit, l’AVS ne suit pas proportionnellement le niveau de vie des revenus élevés : le 2e pilier et l’épargne privée prennent alors davantage de poids.

Pour atteindre la rente maximale, deux conditions doivent être réunies : avoir une durée de cotisation complète et atteindre un revenu annuel moyen déterminant d’au moins 90’720 CHF.

Depuis 2026, une 13e rente AVS s’y ajoute. Elle correspond à un douzième des rentes de vieillesse effectivement versées dans l’année, ce qui la réduit d’autant si votre premier versement a eu lieu en cours d’année.

Exemple : le calcul de la rente de Marc

Marc a 58 ans. Il travaille à Genève et vit en Haute-Savoie. Il a commencé sa carrière en France à 22 ans, avant de rejoindre la Suisse à 30 ans. À l’âge de référence, il totalisera 35 années de cotisation AVS, alors que sa classe d’âge en compte 44 pour une carrière complète.

Ses revenus suisses, une fois revalorisés et rapportés à ses 35 années de cotisation, donnent un revenu annuel moyen déterminant de 84’672 CHF. Le barème lui attribue alors une rente de 2’439 CHF par mois pour une carrière complète.

Comme Marc n’a cotisé que 35 années sur les 44 requises, sa rente est réduite au prorata : 35/44, soit environ 1’940 CHF par mois.

Ses 9 années de travail en France n’entrent pas dans le calcul de sa rente AVS. Elles lui ouvrent des droits à une pension française, qui sera versée séparément.

D’où viennent les lacunes de cotisation ?

Des études prolongées après 20 ans, un séjour à l'étranger sans affiliation, une année sabbatique, une période sans emploi et sans affiliation, un conjoint sans revenu non annoncé : les causes sont banales, et presque toujours indépendantes de votre fait.

Le problème, c’est qu’elles passent inaperçues. Personne ne vous écrit pour vous signaler qu’une année manque. C’est en consultant votre extrait de compte individuel que vous les repérez, et la plupart des gens ne le demandent jamais.

Il existe encore deux moyens de les combler, mais le premier est plus limité qu’on ne le pense. Un versement rétroactif n'est possible que si vous étiez soumis à l'obligation de cotiser pendant l'année concernée et que la cotisation n'a pas été prélevée : un salaire non déclaré par un employeur, ou une année sans activité pour laquelle aucune cotisation de personne sans activité lucrative n’a été réclamée. Ce sont des lacunes qui peuvent parfois encore être corrigées mais dans un délai maximal de 5 ans car les cotisations se prescrivent après ce délai. À l’inverse, une année passée à l’étranger sans affiliation à l’AVS ne créait aucune obligation de cotiser : aucun rattrapage n’est alors possible, et la lacune est définitive dès l’origine.

Et si vous avez cotisé à l'AVS entre 18 et 20 ans, ces années de jeunesse viennent combler une lacune qui intervient plus tard dans votre carrière, mais seulement une fois le délai de 5 ans passé, quand les cotisations manquantes ne peuvent plus être réclamées.

Passé ces possibilités de rattrapage, la réduction est définitive. Il faut alors compenser le manque à gagner en s’appuyant sur les autres piliers de la prévoyance.

Nous examinons avec vous année par année votre relevé de carrière pour identifier ce qui peut encore être récupéré. Lorsqu’une lacune est toujours dans le délai, nous vous accompagnons pour réaliser le versement rétroactif nécessaire, avant que la possibilité ne disparaisse.


Obtenir une estimation officielle, étape par étape

1. Demandez votre extrait de compte individuel

Il est gratuit et se demande auprès d’une caisse de compensation à laquelle vous avez cotisé. Si vous avez changé plusieurs fois d’employeur, l’outil InfoRegistre du Centre d’information AVS/AI vous permet d’identifier les caisses auprès desquelles vous êtes enregistré.

Vous pouvez faire la demande sur ahv-iv.ch.

2. Vérifiez-le année par année

Repérez les années manquantes et les montants qui ne correspondent pas à vos certificats de salaire. Après réception de l’extrait, vous disposez de 30 jours pour demander une rectification.

3. Faites une première estimation avec ESCAL

Le calculateur en ligne de la Caisse suisse de compensation vous donne une estimation en quelques minutes, à partir des données que vous saisissez. Il est accessible aux assurés qui résident à l’étranger. Attention : le résultat est indicatif et n’a aucune valeur juridique.

4. Demandez un calcul anticipé

Le formulaire 318.282 permet de demander à votre caisse un calcul fondé sur les données réelles de votre compte individuel, et non sur vos souvenirs ou vos estimations. C’est le calcul à privilégier pour préparer une décision de départ.

5. Déposez votre demande de rente

Environ trois à quatre mois avant votre âge de référence, transmettez le formulaire 318.370. La caisse doit réunir les documents nécessaires, vérifier votre carrière et calculer votre rente de vieillesse. Mieux vaut donc ne pas attendre le dernier moment.

Dans le cadre de notre accompagnement, nous examinons votre extrait de compte ligne par ligne, nous identifions les années manquantes et nous chiffrons ce que chacune coûte sur votre rente. Vous repartez avec le détail des démarches, dans l’ordre et avec les échéances.

Si votre carrière a été partagée entre la France et la Suisse

Seules vos années de cotisation suisses entrent dans le calcul de votre rente AVS. Vos années travaillées en France n’augmentent pas cette rente, elles ouvrent des droits à une pension française, calculée par la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de santé au travail) selon ses propres règles. C’est pourquoi un frontalier obtient rarement les 44 années de cotisations nécessaires, sans que cela signifie pour autant qu’il y ait une anomalie dans son dossier.

La démarche est toutefois coordonnée. Si vous résidez en France et avez cotisé dans les deux pays, une seule demande déposée dans votre pays de résidence permet d’engager la procédure auprès des différents États concernés. Votre rente AVS peut ensuite être versée en France. Pour le calcul anticipé, le formulaire se télécharge auprès de la Caisse suisse de compensation, plutôt qu’auprès d’une caisse cantonale.

En revanche, deux prestations ne peuvent être perçues par un résident français : les prestations complémentaires et l’allocation pour impotent sont réservées aux personnes domiciliées en Suisse. Si vous envisagez de rester en France après votre départ, ce point doit donc être intégré à votre réflexion avant de prendre votre décision.

C’est aussi là que notre accompagnement prend tout son sens. Nous coordonnons avec vous vos démarches des deux côtés de la frontière, auprès de la caisse de compensation suisse comme de la Carsat, en tenant compte des formulaires et des délais propres à chacune. Nous faisons ensuite le point une fois par an, et chaque fois qu’un changement de situation ou de législation le nécessite, que votre départ soit prévu dans 2 ans ou dans 20.

Le délai de 5 ans fixe votre date limite, pas votre âge de départ

Quand une lacune peut se combler, elle ne se comble que dans les 5 ans qui suivent l’année concernée. Passé ce délai, les cotisations ne peuvent plus être réclamées ni versées, et la réduction de rente devient définitive.

Ce délai, et non votre âge de départ, détermine donc l’urgence de vérifier votre carrière. À 58 ans, vous pouvez encore agir sur une lacune de 2021 ; à 64 ans, il sera trop tard.

Questions fréquentes

  • Le calcul anticipé d’une rente de vieillesse est gratuit dans la plupart des cas. Votre caisse de compensation peut demander une taxe de 300 CHF au maximum si vous avez moins de 40 ans au moment de la demande, ou si vous sollicitez plusieurs calculs en moins de 5 ans. Cette taxe tombe dès qu’un motif particulier justifie la demande : mariage, divorce, naissance, perte d’emploi, départ à l’étranger.

  • Une année à temps partiel ne crée pas de lacune de cotisation : vos cotisations atteignent au moins le montant de la cotisation annuelle minimale (CHF 530 en 2026), l’année compte dans votre durée. Elle pèse en revanche sur votre revenu annuel moyen déterminant, puisque la somme de vos revenus est divisée par le même nombre d’années. L’effet est réel, mais nettement plus faible que celui d’une année sans aucune cotisation.

  • Travailler après l’âge de référence peut augmenter votre rente AVS, par un nouveau calcul que vous ne pouvez demander qu’une seule fois et au plus tard à 70 ans. Vos cotisations annuelles doivent atteindre au moins la cotisation minimale, fixée à 530 CHF en 2026. Si vous comptez travailler encore plusieurs années, attendez la fin de votre activité pour déposer cette demande.

  • Une erreur figurant sur l’extrait de compte individuel se conteste auprès de la caisse de compensation qui tient ce compte, dans les 30 jours qui suivent la remise du document. Réunissez vos certificats de salaire de l’année litigieuse avant d’écrire. La caisse rend ensuite une décision formelle sur votre demande de rectification.

  • Le mariage modifie le calcul de la rente AVS de deux façons. Les revenus réalisés par les deux conjoints pendant les années de mariage sont additionnés puis attribués pour moitié à chacun. Et la somme des deux rentes d’un couple ne peut pas dépasser 3’780 CHF par mois en 2026, même si chacun aurait droit au maximum pris isolément.

Sources officielles

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